Sains en Amiénois Période  1940-45 et après guerre:

Survint la guerre de 1939-40 .

Inf1940
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Dragons25monte
Panhard4554

Une compagnie du 2 eme Train des Équipages , s'installe dans la commune au début 1940 . Les véhicules sont camouflés Place des Tilleuls , et le bureau militaire est aménagé dans la ferme de Monsieur Jean de COLNET rue du Puits , une ouverture est obstruée actuellement par une porte sur laquelle on peut encore lire "BUREAU".

Bureau militaire
Actuellement ferme Lambert
Ancien bureau militaire

Le 10 mai 1940 , la "vrai" guerre débute .
 Le 19 mai une bombe tombe aux abords de la ferme RACINEUSE . La population panique et l'évacuation commence . 

Le 23 mai , les allemands qui occupent AMIENS , depuis le 20 mai , font une brève incursion en side-cars dans les rues désertes du village.
R75 Ju88Quelques jours plus tard , les bombardements aériens vont se succéder . Les bombes incendiaires causent de nombreux dégâts , notamment rue de la Chaussée ou la mairie échappera par chance à la destruction.

L'ordre officiel d'évacuation est donnée par les autorités militaires ; toute la population restante part sur les routes en direction de la Normandie .

Leo45Le 31 mai 1940 un bombardier Français Léo 45  était abattu au-dessus de la commune de Sains en Amiénois ( à proximité du bois du Cambos).
Il faisait parti d'un groupe de quatre bombardiers dont aucun ne reviendra.

Une stèle a été érigée à leur mémoire le 7 octobre 2001 :Cliquez ici

Des unités de la 16 eme division d'infanterie prennent position dans le secteur.
Dés le 4 juin , des tirs d'artillerie ennemie préparent l'offensive . Plus de 2000 obus s'abattirent sur le village .

Chaussée avant 1940
Chaussée aprés 1940
Rue de la chaussée avant et après les bombardements de 1940 , au fond on devine la Roseraie.
L'artillerie française est installée à la lisière d'une clôture de la ferme du Bon Air ( ferme Mamont ) et sur le chemin de BOVES ( hangar LEPAGE ) . Elle engage une lutte énergique.
infanterie
Char allemand à l'est de Sains. Le nombre de Chars allemands utilisés par la 10e Panzer était de 170 le 5 juin 1940.La 9 e Panzer en avait beaucoup moins.
Char allemand armé d'un canon de 20 et d'une mitrailleuse détruit par un canon français de 47 mm posté à la ferme du Cambos à l'est de Saint-Fuscien au nord du chemin de Saint-Fuscien à Boves.
Les Allemands attaquent par groupe de 50 à 60 chars sur le plateau à l'est du village . Les pertes sont lourdes des deux cotés . Une douzaine de tanks est incendiée , les batteries françaises sont écrasées et les survivants se retirent en direction des fermes VAGNIER .
Char français à cheval sur le mur de clôture de la propriété Bouctot-Vagniez.

Le 6 juin , dans la soirée le village est occupé ( il le sera jusqu'au 31 août 1944)

Ci-contre la plaque apposée sur la façade de la Roseraie.
Ce gros char allemand a fait explosion après avoir été touché de plein fouet par un obus français le 15 juin 1940,au nord de la route de Boves à Sains à 1 km de ce village. Ce char de la 8eme Panzer était commandé par le Lieutenant Jurgen Hoesch. Son frère lui a fait élever ce monument en 1941.
croix allemande Cette pierre en granit avec ses inscriptions allemandes est toujours en place. C'est à cet endroit , en bordure de champ que les deux officiers de chars furent enterrés , leurs corps furent transférés en Allemagne et le monument est demeuré...
Les Colonnes allemandes poursuivent leur avance et rejoignent sur les routes les réfugiés qui reçoivent l'ordre de réintégrer leurs villages . Pour certains , l'exode n'aura duré qu'une dizaine de jours . Ils retrouvent une commune sinistrée à 25% et leurs habitations pillées ou incendiées.
Charles  Hutzinger (bras tendu) Le 17 juin Pétain désigne Charles Huntziger (1880 - 1941),secrétaire d'état à la guerre pour diriger la délégation française qui doit signer la convention d'Armistice.
Il signe l'Armistice de Rethondes (en foret de Compiegne ) le 22 juin 1940 à 18h50
Neuf soldats originaires du villages n'avaient pas rejoint leurs familles . Ils furent retenus 5 ans en captivité dans les stalags allemands . 
Un seul , Ernest DUFOUR , dont le nom figure sur le monument aux morts , fut tué lors des combats dans le nord de la FRANCE .
Deux civils furent victimes des bombardements aériens alliés : M Léon PECQUET , à AMIENS et M Félicien FRIMON déporté S.T.O dans une usine Allemande.

Lors d'une commémoration aux monument aux morts (en 2000),présidée par Me Crédoz , Maire du village.

La vie reprend son cours:

En 1942 des constructions provisoires sont édifiées en remplacement des habitations et des étables hors d'usage . Un baraquement existait encore ( en 1993 ?) rue des Verts Cerisiers et était habité par Me DOUAY.
Durant l'occupation , un groupe de quatre soldats allemands séjourna à SAINS , ils étaient responsables d'un projecteur situé au sommet du château d'eau . Lors des raids nocturnes des alliés , ses faisceaux lumineux sillonnaient le ciel .
Lors de la démolission vers1987
La boulangerie de Monsieur Avril 
photo datée du 20 juin 1943

Début 1944 SAINS accueillit de nombreux réfugiés après les bombardements d'AMIENS et de LONGUEAU.
La population atteignit 900 habitants , 89 élèves fréquentent les 2 écoles , la salle de la mairie fut transformé en classe .
Le bureau de Poste situé au 20 de la rue du Puits  fut installé provisoirement au 3 de la rue du Puits , le local habituel ayant été endommagé.  

L'église fut touchée aussi par les bombardements ,les vitraux furent détruits et les dégâts extérieurs  entraînèrent la disparition , sur la façade méridionale d'un cadran solaire dont l'inscription était ainsi rédigée : " L'ombre fuit , Dieu demeure et marque toujours l'heure ".

Celui-ci fût refait (vers1995) ,les pierres de teintes différentes témoignent des dégâts.
photo du 15 mai 2001

Le 31 août 1944 , notre village est libéré .

Le journal de l'époque " PICARDIE LIBRE" a relaté cette libération dans l'article suivant : 8 mai 1945

31 août, 6 heure du matin .
 Du coté de la route de Paris on entend quelques rafales de mitrailleuses et des éclatements d'obus . Quelques camions allemands qui semblent assez pressés traversent le village et filent vers BOVES . les réfugiés partis comme chaque matin à leur travail reviennent sur leur pas car parait-il , les allemands interdiraient le passage à la chicane de la rue Saint-Fuscien .
Deux gros tanks allemands arrivent alors de RUMIGNY renversant des pommiers , zigzaguant à travers champs . Arrivés à l'entrée du village ils s'arrêtent et tirent en direction de la route de Paris , sans perdre de plus de temps prennent eux aussi la route de BOVES ; C'était les derniers ennemis combattants que nous devions voir .
Toujours des rafales de mitrailleuses , les canons se font plus violents . des explosions vers Amiens : étaient-ce les ponts qui sautaient, nul ne savait . Juste après le bulletin d'informations de 9h30 le courant électrique se trouve coupé . C'est alors qu'une nouvelle incroyable circula , et que certains qualifièrent de fantaisiste : Dés 4 heures du matin , des Anglais étaient au Petit-Saint-Jean : Amiens était libéré .

Vers 11 heures , une petite voiture de couleur kaki fait son apparition , venant de Rumigny . Un des ses occupants dit à la première personne qu'il voit : "Y a t-il des boches ici?" Réponse négative . La voiture entre dans le village sous les regards stupéfaits des habitants silencieux . Suivent trois autos blindées canadiennes . 
brassard FFI Chacun accourt , les premiers drapeaux tricolores sont hissés , les fusils de chasse déterrés . Des fermiers se joignent à quelques F.F.I ; les Allemands tiraillent encore dans les bois .
Les Canadiens s'en sont allés par la route de Boves . Nous sommes libérés .


La reconstruction débuta en 1946 . de nouvelles construction en briques ont remplacé les murs en torchis . un plan d'alignement fut adopté ; il explique la position en retrait des maisons neuves par rapport aux anciennes , notamment rue de la Chaussée .Les sinistrés ont choisi de rester dans le voisinage de leur maison détruite et ont souhaiter conserver à leur village , son caractère.

Route de Boves env 1950

Carrefour rue de la Chaussée-route de Boves.

Chaussée environ 1950

Rue de la Chaussée ,la salle des fêtes
inaugurée le 4 décembre 1949 n'existe pas encore.

Le village de SAINS en Amiénois qui avait énormément souffert de cette guerre , fut décoré de la Croix de guerre avec la citation suivante :
"Sur la ligne de feu fin mai et début juin 1940 . Théâtre des violents combats menés le 5 juin 1940 par le 89 eme R.I. de la 16 eme D.I. a été aux 3/5 détruits . Courageux village qui s'est vaillamment remis au travail ."
Fait à Paris le 11 novembre 1948 , signé Max LEJEUNE.
Citation

P.S: seules les images légendées proviennent de photos prises sur le territoire de la commune.