ANECDOTE:Acquisition d'une baignoire par la commune.

L'an 1865, le 29 août , le Conseil Municipal de la commune de SAINS s'est réuni sous la présidence de Monsieur le Maire au lieu ordinaire de ses séances.

Étaient présents :
Messieurs BAILLET Valtide , BECQUERELLE Ledien , DELAHAYE Aimé , FOLLET Marie , LEQUIEM Émile , MONARD Thimoléon , PAUCHET Valère , et VERU François.

Monsieur le Maire propose au Conseil Municipal l'acquisition d'une baignoire pour la commune."Dans beaucoup de maladie , dit-il , les bains sont prescrits par le médecin et bien des personnes de la classe indigente surtout , qui ne peuvent faire l'acquisition d'une baignoire , sont obligées de renoncer à prendre ce remède salutaire parce que cet objet leur manque et quel sont gênées de l'envoyer demander à ceux qui le possèdent , parce qu'elles savent qu'ils n'aiment pas à le prêter."

Cette baignoire resterait à la maison commune et ne serait prêtée aux particuliers que sur la demande du médecin .Un registre serait alors destiné à constater sa sortie et sa rentrée et recevrait le nom de l'emprunteur .On pourrait même , si on le jugeait à propos , imposer un droit de 25 centimes par jour aux personnes aisées , qui s'empresseraient , alors de rapporter la baignoire dès qu'elles n'en auraient plus besoin . Monsieur le Maire évalue la dépense à 40 francs.

Le conseil considérant qu'une baignoire est utile , indispensable même , dans certains cas, considérant que la dépense est minime relativement aux services qu'elle est appelée à rendre dans la commune , vote la somme de 40 francs à inscrire au budget supplémentaire de 1865.
Document:D'hier à aujourd'hui,édition du Comité d'animation de Sains en Amiénois ,1985.

PS:Si l'hygiène, au XVIIe siècle, consiste surtout à masquer les odeurs corporelles par des parfums puissants tel le musc, au XVIIIe siècle on connaît un plus grand raffinement, notamment dans les classes aisées.
Depuis 1760 l'Église autorise l'usage du bain, si il est pris par nécessité et non par volupté. C'est à cette époque qu'apparaît la notion "d'espace toilette", suivant une mode déjà répandue en Angleterre. Les baignoire en cuivre étamé, marbre, zinc, doublées de draps et souvent montées sur roulettes pour pouvoir être amenées dans les chambres, les bidets en faïence, se multiplient.
Le XIXe siècle verra une plus grande démocratisation de ces ustensiles, réalisés dans des matériaux moins coûteux.

Document:musée de Grasse.